Vœu sur le projet « Anneau des Sciences » 2012

La Communauté Urbaine de Lyon et le Conseil Général du Rhône ont souhaité relancer le dossier du bouclage du périphérique de l’agglomération lyonnaise.

Dans ce cadre, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a été saisie afin d’organiser et animer un débat public sur l’opportunité du projet par une instance neutre et indépendante et a désigné pour ce faire la Commission Particulière du Débat Public (CPDP).

La ville de Saint-Genis-Laval souhaite donc en tant que collectivité locale s’exprimer dans le cadre de ce Débat Public.

Au regard du projet dit « Anneau des Sciences » présenté par le maître d’ouvrage (le Grand Lyon), la ville de Saint-Genis-Laval exprime un certain nombre de convergences :

• Un diagnostic partagé sur la thrombose de l’agglomération lyonnaise en général, et du Sud-Ouest en particulier, rendant indispensable l’amélioration des circulations tous modes de déplacements confondus sur ce territoire.

• Un projet d’infrastructure qui a évolué dans le bons sens : on est effectivement passé du BUO (Boulevard Urbain Ouest) à ciel ouvert au TOP (Tronçon Ouest du Périphérique) partiellement enterré jusqu’à l’Anneau des Sciences aujourd’hui, presque totalement enterré (à 80%), articulé avec le développement des transports en commun et inséré dans un projet de territoire cohérent.

• Un objectif affiché de séparer les flux de transit des flux d’agglomération.

En effet celle-ci n’a pas vocation à recevoir en son coeur les flux de transit qui n’ont rien à y faire. L’Anneau des Sciences est donc à envisager comme un équipement interne à l’agglomération lyonnaise et non un équipement national ou international pour le trafic européen.

• Une volonté partagée de développer, sans plus attendre, les axes de transports en commun prévus dans les différents documents d’urbanisme (SCOT,..) en cohérence avec  les mesures environnementales portant sur la protection de l’atmosphère (PPA) et la qualité du cadre de vie des habitants. Ceci dans l’objectif de développer l’interaction des différents modes de déplacements possibles et de requalifier l’espace urbain.

A partir de ces convergences la ville pose des conditions absolues :

1 •  La réalisation préalable, par l’État, d’un grand contournement de l’agglomération pour en écarter les circulations de transit nationale et internationale  ou d’une autre infrastructure destinée à les recevoir. Cette nouvelle voirie devant être gratuite pour inciter les flux de transit à l’emprunter.  Dans cette perspective une infrastructure qualitative et écologique, principalement enterrée et dotée d’un péage pour les seuls trafics de transit, pourrait opportunément être étudiée pour une amélioration tangible des déplacements internes à la future Métropole et pour ses finances publiques.

2 •  Deux accès principaux à l’Anneau des Sciences garantis à partir de :

La RD342  réaménagée  par l’échangeur de Beaunant/ZI Favier pour les usagers provenant du Sud-Ouest.

L’A7 par l’échangeur de Saint-Fons pour les usagers provenant du Sud.

Ces accès apparaissent comme les plus adaptés pour deux raisons : une moindre densité d’habitations à leurs abords, et une desserte directe des zones d’activités industrielles existantes ou en développement (ZI Le Favier et La Saulaie)

3 • Deux accès secondaires  pour éviter de surcharger le réseau des voiries locales :

Le premier au niveau des hôpitaux Lyon Sud destiné d’une part à permettre aux usagers, en provenance de l’agglomération via l’Anneau des Sciences, d’accéder directement au site hospitalier, et d’autre part aux usagers locaux des communes du secteur (Saint-Genis-Laval, Oullins, Pierre-Bénite) d’accéder à l’Anneau des Sciences.

Le second au niveau de la Saulaie, devant se présenter sous la forme d’un demi échangeur pour éviter la dégradation de l’environnement des riverains. Avec, en complément, un pont entre Gerland et la Saulaie pour relier leurs zones d’activités respectives.

Les trois points énoncés ci-dessus sont les conditions incontournables pour un accès facilité à l’Anneau des Sciences à partir des Sud et Sud-Ouest Lyonnais, tout en préservant les centre villes des communes du secteur en général et de Saint-Genis-Laval en particulier.

A noter que le « tracé long » ne prévoit pas de desserte du pôle hospitalier qui draine quotidiennement d’importants flux d’employés, d’étudiants, de patients ou de visiteurs laissant donc, comme actuellement, le réseau viaire local supporter ces circulations.

• Nous exprimons ici notre refus catégorique de toute option qui conduirait à mélanger les circulations de transit et celles d’agglomération car s’affranchir de l’objectif majeur de distinction des flux serait le pire scénario pour les communes du secteur. Les études présentées dans le cadre du Débat Public mettent en avant une augmentation du trafic sur l’axe Saint-Genis-Laval / Oullins, qui conduirait à reproduire l’erreur de la « Rocade des villages » (Rocade Est).

A ce titre l’option Rocade, ou sa variante proposée par la majorité municipale d’Oullins, comporte un risque majeur de mélange des flux. Si le débouché de l’A450 à Pierre-Bénite est un point noir à traiter, avec par exemple la réalisation d’un pont permettant une liaison Ouest/Est, le raccordement direct du périphérique à la Rocade Est qu’impliquent les hypothèses ci-dessus évoquées conduirait de fait à capter le trafic de transit national et international avec des conséquences très négatives pour l’agglomération et les communes du Sud-Ouest en terme de congestion du trafic et de la pollution afférente. En outre, ces hypothèses de tracés induisent un impact plus important en termes de consommation d’espace urbain à proximité immédiate de zones habitées de Saint-Genis-Laval (Les Barolles, Les Clos, Les Collonges).

Par ailleurs ces solutions entraîneraient un développement en tâche d’huile de l’agglomération vers le Sud et le Sud-Est préjudiciable à la lutte contre l’étalement urbain. Empoignées des axes de développement et des connexions avec les transports en commun, elles seraient contraire à l’objectif du Grenelle de l’environnement et  aux plans locaux d’urbanisme ( SCOT et PLU ) déjà adoptés.

• Nous réclamons une utilisation prioritaire de l’Anneau des Sciences par des transports en commun en site propre. Ainsi avec une offre de lignes nouvelles permettant d’assurer des liaisons de périphérie à périphérie, qui aujourd’hui ne sont pas assez développées, on éviterait les transits pendulaires multi-usages par le centre de l’agglomération.

Londres s’est dotée d’une ligne de métro nommée circle line précisément parce qu’elle elle fait le tour de la ville et assure ses liaisons de périphérie à périphérie ; c’est aussi une des fonctions attendues du métro express du Grand Paris. Alors si l’Anneau des Sciences n’a pas, ou pas encore (mais cela préserve l’avenir), vocation à être un site dédié aux seuls transports en commun, il peut parfaitement, comme il le doit, contribuer au développement de ce type de liaison en transport en commun.

Il a donc vocation à constituer une transition raisonnée, volontariste et efficace vers le tout « transports en commun ».

Le projet fait conjointement apparaître un investissement financier de près d’un milliard d’euros dans les transports en commun, qui renforcera un maillage multimodal d’envergure à l’échelle de l’aire urbaine. Avec par exemple la perspective de relier le site des hôpitaux Sud à la gare Tram-Train de Brignais par une ligne express en site propre inscrite au SCOT (via l’A45), élément d’un maillage complet et progressif des dessertes du Sud-Ouest de l’agglomération. Le prolongement du métro aux hôpitaux Lyon Sud devant être un objectif prioritaire et indépendant du projet de l’Anneau des Sciences.

• Plusieurs mesures d’accompagnement significatives en termes de réseau de voirie locale doivent être engagées :

– pour faciliter au mieux les entrées/sorties sur l’Anneau des Sciences en préservant les communes du secteur,

– pour conforter d’une manière générale le réseau viaire pour tous les usagers du Sud-Ouest Lyonnais, notamment sur Saint-Genis-Laval avec le projet de voirie dit « Gadagne Est » à vocation de desserte locale.

La ville partage donc le diagnostic et les principaux objectifs affichés en l’état par l’actuel projet d’Anneau des Sciences. Elle souscrit à cet égard l’opportunité d’un tel projet, mais conditionne strictement sa position à la prise en compte effective et complète des éléments précisés ci-dessus (séparation des flux, accès principaux à partir du Sud-Ouest via RD42/Beaunant et du Sud via A7/St Fons, développement des TC, mesures d’accompagnement du réseau viaire local), garants de l’atteinte des objectifs affichés et de la préservation des communes du secteur, notamment de Saint-Genis-Laval.

Vœu Anneau des Sciences 2012

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