Question orale concernant le CADEC lors du dernier conseil municipal.

Bonjour,

Lors du dernier conseil municipal, suite à la décision arbitraire du maire de supprimer l’association du CADEC, nous avons posé la question orale suivante. Nous vous communiquerons la réponse faite à trois voix par les personnes citées en introduction dans cette question.

Vous trouverez également , si cela vous intéresse, ci-après le lien vers une pétition pour manifester votre désaccord concernant la suppression du CADEC : https://www.change.org/p/soutien-au-cadec?signed=true

Vous trouverez enfin une petite vidéo de la présidente du CADEC lors du dernier forum des associations : https://www.facebook.com/cadec.stgenislaval/videos/2116446691722102/UzpfSTEwMDAwNDAwMDUxNzIzOToxNDQyNjI2MDg1ODgwNzI4/?fb_dtsg_ag=AdwLy4dtT2rE98SE-C6pvNs1meNhnVLlyXZ9iftKasA14Q%3AAdz_bCQIwebLU7Z90Bb7XbF8tG8WZ-WwyZowXeE8g6WuhQ

Bonne lecture.

« Nous sommes rigoureusement opposés à la décision prise unilatéralement par monsieur Roland Crimier, Fabienne Tirtiaux et Mohamed Gougueni de supprimer d’un stupide trait l’existence d’une association saint-genoise reconnue et appréciée par l’ensemble des associations de notre ville. Nous condamnons le mutisme et l’attentisme de l’ensemble des autres élus de la majorité dont certains serrent les dents mais se taisent.

La décision prise, au final, par l’ensemble des élus de la majorité de supprimer le Cadec montre bien l’absence de transparence et de démocratie qui règne dans cet hémicycle. Nous n’avons en effet jamais été informés de l’intervention programmée de KPMG auprès du Cadec. Nous n’avons jamais voté un quelconque montant s’y référant (montant toujours inconnu, comme il en est de ses attributions, de son contrat d’hier et d’aujourd’hui puisqu’il devait accompagner la mairie et le Cadec dans la rédaction d’un nouveau contrat d’objectif). Nous n’avons jamais débattu ni validé en conseil municipal la décision arbitraire de ne plus financer le CADEC. La question de sa suppression a-t-elle été posée aux associations pour connaître leur avis ? Bref encore une fois le bon vouloir d’une seule personne démontre bien cette dérive autocratique qui est de plus en plus prégnante d’un mandat à l’autre dans notre commune … Il faut dire qu’avec des mentors comme Emmanuel Macron, ou encore Gérard Collomb, on peut difficilement y échapper.

La mort annoncée du Cadec remonte malheureusement à pas mal de temps ! Elle était actée déjà bien avant l’audit de KPMG puisque le site internet de la ville travaillait déjà à la mise en ligne d’un site dédiée aux associations, c’était donc une chose pliée et les différents simulacres de concertation n’étaient là que pour montrer que la mairie faisait encore des efforts pour dialoguer. Les je t’aime moi non plus se sont peu à peu transformés en dénonciation d’un autisme évident du Conseil d’administration du CADEC. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Pourtant au moment enfin où un contrat d’objectif, une nouvelle convention aurait pu voir le jour, les élus concernés sont aux abonnés absents et le maire déclare « Ce n’est pas un souhait d’en arriver à ces extrêmes, mais nos deux positions sont difficilement accordables… les choix qui ont été faits par le Cadec obèrent la signature d’une nouvelle convention »

Mais la décision finale ne pouvait pas être prise sans éléments probants dénoncés par un tiers. Le cabinet d’audit KPMG allait donc faire le job.

Nous avons ainsi écouté incidemment le rapport de KPMG rendu public lors d’une réunion des représentants d’associations en mairie. Réunion à laquelle, au passage, aucun élu de l’opposition n’était invité, alors que bien d’autres élus de la majorité étaient présents ! Mais quoi de surprenant !

C’était déplorable, une vraie parodie ! Le rapporteur a tenté une restitution de son rapport qui n’a jamais été à son terme et a cherché, par une pirouette, à vite conclure son exposé par quelques remarques affligeantes, comme ces confessions naïves de n’avoir pas très bien compris ce que faisait le Cadec, d’avoir trouvé que l’activité au sein des locaux de l’association n’était pas très dynamique, d’annoncer du bout des lèvres qu’il lui semblait qu’une partie des activités réalisées à l’aide de financements extérieurs à la ville, l’étaient en fait par des financements municipaux…

Nous avons donc par la suite voulu en connaître davantage sur le contenu de ce rapport pour comprendre ce qui pouvait être objectivement reproché au Cadec.

Ainsi l’audit pointe, après l’analyse de nombreux documents analytiques, qu’une partie des coûts des activités liées à la formation collective et l’accompagnement individuel, financées dans le cadre de conventions spécifiques et n’entrant pas dans le cadre de la convention d’objectifs et de moyen signée avec la ville de Saint-Genis-Laval, est en fait financée par la ville. Les services du Cadec réfutent ces accusations et nous ont personnellement démontré le financement et le fonctionnement de ces conventions spécifiques. Mais même si, dans l’absolu, cela devait être le cas, pouvons-nous nous plaindre que les associations saint-genoises bénéficient de ces prestations ? Vous, élus majoritaires regrettez-vous que le Cadec accompagne individuellement des porteurs de projets associatifs et collectifs, et forme les dirigeants associatifs ? Refusez-vous que le Cadec soit un centre de ressources et d’information des bénévoles ? Acceptez-vous que le fait d’encadrer des services civiques (des jeunes formés, mis à dispositions des associations saint-genoises pour les épauler dans leurs manifestations et activités) soit une plus-value pour notre ville et pour nos jeunes ? Pensez-vous que c’est gaspiller de l’argent public que de développer ces actions en faveur de nos concitoyens ? Sinon que dire alors de ces plaquettes luxueuses, ces affiches, tous ces moyens de communication et humains dépensés sans compter pour glorifier le bilan municipal à mi-mandat de votre premier de cordée, et auquel aucun saint-genois n’a répondu ! Nous avions eu, à l’époque, la pudeur de ne pas enfoncer le clou ! Il y a donc deux poids deux mesures !

Le rapport précise que le financement des services aux associations non saint-genoises est explicitement exclu du conventionnement avec la ville. Quand on parle d’association non saint-genoises, ce sont des associations dont le siège social n’est pas à Saint-Genis-Laval, mais dont la majorité des membres est souvent saint-genoise et qui a donc le droit de bénéficier des subventions mairie. Pour ce qui est des autres membres des associations en question qui sont non saint-genois, mais qui représentent un très faible pourcentage, s’ils bénéficient potentiellement de financements municipaux, doit-on crier au scandale ? Les saint-genois qui adhérent à certaines associations dans d’autres villes environnantes ne bénéficient-ils pas également des financements ce celles-ci ? L’intercommunalité, la réciprocité, ça nous parle à nous ! Vous trouvez cela indécent ? Répréhensible ? Les élus municipaux membres de droit qui ont successivement assistés au conseils d’administrations ont-ils déjà crié au scandale ? Le maire est-il intervenu et a-t-il usé de son véto pour interdire ce type de structures dites non saint-genoises ? Quid de toutes les autres associations saint-genoises qui ont en moyenne entre 12 et 15 % d’adhérents non saint-genois et qu’on ne cloue pas au pilori ? Il y a bien deux poids deux mesures !

Le rapport pointe la faiblesse de l’information proposée quant aux actions du Cadec sur les principales activités financées par la ville et qui représentent 70% du financement annuel de l’association, les documents ne permettent pas de qualifier ni de quantifier les actions du Cadec et encore moins d’évaluer son évolution sur les dernières années. Ce flou ne permet pas à la ville d’apprécier la pertinence des actions proposées par le Cadec vis-à-vis des associations locales, la pertinence du financement associé et plus globalement d’évaluer les services faits. Il est facile de jeter le bébé avec l’eau du bain si on se base, pour évaluer le bien-fondé des actions menées par le Cadec envers les associations, sur des résultats chiffrés et quantitatifs. Comment quantifier le nombre de rencontres organisées ou spontanées avec les responsables d’association ou leurs adhérents ? Comment appréhender, apprécier les synergies et mutualisations qui se créent entre les différentes associations ? C’est un travail de relation, de mise en réseau, d’échange qui porte ses fruits bien évidemment sur la durée, c’est comme la culture, c’est comme l’intergénérationnel, ça ne se déclare pas, ça se construit, ça s’élabore dans la confiance et la durée. L’ensemble des actions menées par la commune envers la jeunesse, les relations parents-enfants, les jeunes défavorisés, le décrochage scolaire, ont-elles des résultats quantifiables, chiffrables pour en apprécier tout les bienfaits supposés et espérés ? La commune chiffre le nombre de personnes, d’enfants qui perçoivent des aides, du soutien, des participations financières ; le Cadec chiffre la fréquentation, le nombre d’artistes, de bénévoles, d’associations présentes, ! La commune se targue, avec raison, de ne pas être en mesure de quantifier les attendus de sa politique de la ville, et il faudrait que le Cadec, par un coup de baguette magique puisse le faire ! Il y a évidemment deux poids deux mesures ! Ce n’est pas parce que cela ne se voit pas que rien est fait ! C’est par ailleurs tout ce lien, ce liant continue que le Cadec infuse autour de lui qui pourrait disparaître dans notre commune !

Il est reproché au Cadec de ne fournir des prestations qu’à ses membres et que toutes les associations locales ne sont pas membres du Cadec ! Imaginez, dans l’absolu, que les associations non adhérentes et ne payant donc pas de cotisation bénéficient des mêmes prestations que celles qui le sont et le font ; tôt ou tard ces dernières ne paieront plus leur cotisation et le Cadec aura un manque à gagner que la commune refusera de compenser, sauf à obliger toutes les associations à adhérer ou à ne plus exiger de celles-ci une cotisation et de considérer que le Cadec est librement ouvert à toutes les associations saint-genoises ! Ce qui ne serait pas pour nous déplaire, mais le risque est grand de s’entendre dire que la mairie rase gratis ! Le rasage gratis, c’est plutôt notre marque de fabrique, dixit le grand timonier !

KPMG estime que la comptabilité analytique du Cadec est présentée de telle sorte qu’elle rend floue et imprécise les charges et les recettes des différentes actions supportées par les financement mairie et extérieurs. Serait-ce là la preuve que le Cadec bidouille volontairement ses comptes pour camoufler à la mairie l’origine des financements de ses actions non conventionnées ?

Ce serait faire injure aux salariés de l’association et à l’ensemble des membres du conseil d’administration qui se sont engagés aux côtés du Cadec, pour ce qu’il représente, pour ce qu’il procure, pour les valeurs qu’il défend et qu’il diffuse dans le paysage associatif saint-genois, pour les liens intergénérationnels, inter-sociaux qu’il s’efforce de créer, pour la mise en commun des moyens, pour ses qualités d’écoute, de soutien, de formations dispensées. Enfin, il nous semble important de rappeler que le commissaire aux comptes contrôle la sincérité et la régularité des comptes annuels établis par l’association, en réalisant pour cela un audit comptable et financier. N’allons pas imaginer que monsieur le maire juge que le commissaire aux comptes n’est pas partial …. Par conséquent nous nous interrogeons : pourquoi KPMG, dont c’était le travail, et dont la facture plutôt conséquente n’était pas forcément à la hauteur de sa restitution devant les associations, n’a-t-il pas posé directement les questions adéquates au personnel du Cadec pour avoir en main toutes les réponses nécessaires qui lui auraient permis d’avoir une idée claire et objective des activités réalisées par le Cadec et des financements afférents. Si son travail avait été mené avec professionnalisme peut-être que la conclusion de son rapport eut été très différente et le sort de l’association traité avec moins de condescendance et de mépris. Mais est-ce que vous, élus de la majorité, n’attendiez-vous pas finalement ces conclusions bien a propos qui vous permettaient de trouver là le prétexte légitime pour liquider l’association ? Ma remarque vous choque ? Mais votre attitude, vos contre-vérités, vos dénigrements envers le Cadec qui choquent les bénévoles et professionnels et les associations ne semblent pas trop vous émouvoir !

Concernant les demandes de subventions du Cadec à la commune, les graphiques projetés lors de son assemblée générale de juillet montre l’inclinaison vers le bas du montant des subventions sollicitées, et celle encore plus raide des subventions accordées. Seule la dernière demande de subvention pour 2018 est ascendante, en opposition avec la demande formulée par la commune de ne pas demander d’augmentation, mais plutôt l’inverse et à hauteur de 3%. Hors cette demande d’augmentation est d’ordre structurel, en lien avec le retour d’une personne qui avait obtenu un congé parental entre 2016 et 2017. A aucun moment il n’y a eu une augmentation de salaire de proposé, ou d’opération nouvelle. Le Cadec l’a très bien expliqué lorsqu’elle a présenté sa demande de subvention en commission !

Aujourd’hui, ne nous trompons pas, la commune estime que son engagement financier n’est pas à la hauteur de ses espérances, que le travail réalisé est en deçà de ce qu’elle estime, elle, pouvoir faire avec moins de moyen ! Nous l’avons vu avec la DSP du Mixcube, faire toujours plus et mieux avec moins d’argent, tel est le leitmotiv de M. le maire ! Telles sont les fourches caudines qu’elle impose à toutes les associations, refusant d’entendre qu’on ne gère pas une association comme on gère une entreprise ou du personnel municipal ! Refusant d’entendre que la pression financière est trop forte sur certaines structures, et que le travail se fait mal, en mode tension et dans de mauvaises conditions, et qu’à terme le bénévolat s’essoufflera ! N’acceptant pas que les marges de manœuvre, les initiatives, la souplesse, la liberté puissent être, dans une certaine mesure, les maux nécessaires au bon fonctionnement d’une association.

Alors, associations saint-genoises, attention ! Ce qui est arrivé hier à Léo Lagrange, au Cadec aujourd’hui, peut vous arriver demain s’il vous prenait l’envie de ne pas marcher dans les clous ! Nous dénonçons donc l’usage de votre part du bâton et de la carotte dans notre commune à l’encontre des associations saint-genoises qui bénéficient de subventions issues, non pas généreusement de votre poche, mais bien de nos impôts, et que par conséquent vous n’avez pas le droit moral d’en user pour les museler.

Après ces considérations, Il est temps maintenant de poser nos questions : lorsque Mme Tirtiaux vous déclarez : « la ville est, avec le Cadec, dans une écoute et une patience bienveillante depuis plusieurs années, avec la possibilité de financer potentiellement des activités qui seraient profitables aux Saint génois car elle privilégie toujours le dialogue et une compréhension partagée des situations avec comme finalité le meilleur service possible à la population au regard des moyens disponibles… Ne serait-il pas temps de mettre à plat les missions et les objectifs du Cadec au regard des enjeux d’aujourd’hui », nous vous demandons donc Mme Tirtiaux de nous énoncer aujourd’hui les dites missions et objectifs que vous attendiez du CADEC pour qu’on identifie enfin clairement les desiderata de la commune, car il semblerait que ceux-ci n’aient jamais été clairement énoncés.

De plus, si le Cadec venait à disparaître, qui se chargera des grandes manifestations dont elle avait la responsabilité ? Qui assurera le prêt de matériel commun ? Qui effectuera les demandes de travaux (photocopie, reprographie, PAO …) ? Qui assurera le lien entre les associations ? »

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