L’eau, bien commun de l’humanité, n’est pas une marchandise !

La question de l’eau est au croisement d’enjeux multiples : sociaux (accès pour tous), écologiques (qualité et ressources limitées à préserver), économiques (source de profits privés ou service public), démocratiques (contrôle et utilisation).

Depuis 1986, la production et la distribution de l’eau dans les communes du Grand Lyon a été confiée, par une délégation de service public (DSP), à VEOLIA pour 85% et à la Lyonnaise des Eaux (SUEZ) pour 15%. Tous les documents publics, notamment ceux de la Préfecture du Rhône et de la Cour des Comptes, montrent que ces contrats spolient la collectivité et les usagers : l’eau dans le Grand Lyon est l’une des trois plus chères de France, alors que la ressource est proche et d’excellente qualité ! Depuis 26 ans les deux multinationales engrangent des profits substantiels sur nos factures d’eau. Par contre la collecte et l’assainissement de nos eaux usées, restés en régie publique, sont parmi les moins chers et plus performants de France…

Partout, démonstration est faite : la régie publique est le plus économique, le plus démocratique et le plus écologique des modes de gestion. Elle est une garantie pour un prix équitable, pour la qualité et la préservation des ressources et pour un meilleur contrôle par les élus et les usagers. C’est un choix récemment adopté par de nombreuses villes et collectivités de couleurs politiques diverses.

Le Grand Lyon a voté, en juin, la fin des contrats actuels pour 2015. Le 12 novembre il doit choisir le futur mode de gestion de l’eau.  Entre  LA POURSUITE EN DSP ou LE RETOUR EN REGIE DIRECTE, cette décision sera éminemment politique. Pour nous ce choix  nécessite en amont un large débat public et une participation citoyenne pour éclairer les enjeux, les avantages et inconvénients de chaque formule de gestion. Comme nous l’avons demandé lors du conseil municipal du 2  février 2012  ce débat devrait se dérouler au sein de notre collectivité et du conseil municipal avec tous les éclairages nécessaires, ainsi la position des deux  représentants de notre commune au Conseil  Communautaire serait la plus pertinente possible. Hélas M. le Maire s’est une fois de plus défaussé en évoquant la mise en place d’une commission de travail plurielle au sein du Grand Lyon où tout serait mis à plat et discuté, ce qui lui permettrait d’éclairer son choix «  le moment venu »! Mais, depuis, le Président du Grand Lyon a refusé d’ouvrir le débat avec l’ensemble de la société civile et fait savoir qu’il était « favorable à la concession » !!  Voilà qui augure bien mal des changements de comportements indispensables pour revivifier une pratique démocratique difficile et redonner confiance à nos concitoyens pour qu’ils prennent part aux décisions concernant le quotidien de tous.

BM automne 2012

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