Concertation rythmes scolaires

Par le courriel du 20 décembre 2013, adressé à l’ensemble des participants conviés à la concertation sur la réforme des rythmes scolaires, M. le Maire Roland Crimier et M. l’Adjoint à l’enseignement Yves Delagoutte ont dévoilé le scénario retenu par les élus de la majorité municipale. Cette position est donc proposée au vote du conseil municipal de ce jour.

Cette même annonce avait été faite le jeudi 19 décembre en commission municipale Enfance/Jeunesse/Education et Cohésion Sociale au cours de laquelle étaient présents des élus de la majorité municipale, les personnels de la mairie en charge du dossier, et les élus représentant les deux groupes d’opposition. Des échanges constructifs ont eu lieu sur le scénario final retenu par la majorité municipale.

L’épilogue de cette intéressante et constructive concertation entre les acteurs concernés par cette réforme approche donc. Démarche reconnue positive par l’ensemble des participants, et ce, malgré quelques déboires avec la société d’accompagnement «  Project Education » et le fait que certaines associations nous aient confié leur regret de ne pas y avoir été conviées. Le groupe « Agir à Gauche » s’associe à cette reconnaissance commune.

Cependant, par le biais de cette lettre ouverte, le groupe « Agir à Gauche » souhaite formuler un certain nombre de regrets, un certain nombre de remarques et quelques propositions constructives sur la gestion municipale de cette réforme, gestion actuelle et à venir, jusqu’en avril prochain.

Le premier regret est de nature politique. Le 30 mars 2014, au plus tard, nous connaîtrons l’équipe municipale qui succédera à l’équipe actuelle. Chacune des listes municipales déclarées ayant quelques prétentions en la matière, bien présomptueuse celle qui aujourd’hui aurait la certitude d’être majoritaire pour conduire à terme cette réforme des rythmes scolaires. Aussi, eût-il été souhaitable que le choix du scénario définitif ait été proposé par l’ensemble des groupes politiques du conseil municipal. Ceci dans le cadre d’une commission générale en amont de l’approbation du conseil Municipal. De plus, il eût été souhaitable de réunir une dernière fois l’ensemble des personnes impliquées pour leur faire part de vive voix de votre choix, pour le défendre, et pour fixer les étapes suivantes de la mise en œuvre de cette réforme.

A l’image de la concertation sur la maison de quartier des Collonges, le départ et la ligne droite de la consultation se sont bien déroulés, et puis c’est au finish qu’il y a précipitation et cafouillage, donnant cette étrange impression de fin en queue de poisson ! C’est regrettable.

Le deuxième regret est plus contextuel. Nous avons été destinataire, en copie, d’un courrier des trois comités locaux de la FCPE qui vous a été transmis le 18 décembre. Celui-ci compilait un ensemble de propositions et de craintes qui attendaient plusieurs réponses. Celles-ci semblent ne pas avoir été données aux intéressés. Nous le constatons par l’intermédiaire de cet exemple, l’apprentissage de ce qui se rapproche de la démocratie participative reste toujours difficile pour M. le Maire. En effet il faut savoir s’exposer à la critique, donner du temps à l’écoute et à l’échange sur des dossiers fondamentaux.

Le troisième regret tient à la situation ancienne des conditions dans lesquelles se restaurent les enfants des écoles Bergier – Mouton. Depuis de nombreuses années, les parents, les représentants des parents et les enfants réclament de meilleures conditions de prise de repas : moins de bruit, plus de temps pour déjeuner. Le problème de la surfréquentation durant la pause méridienne, liée en particulier à la présence des enfants des écoles privées, n’a jamais été réellement pris à bras le corps. Et de fait, malgré quelques adaptations, aujourd’hui la situation devient intenable pour les enfants et les personnels encadrant, avec des contraintes horaires et spatiales telles que la question des rythmes scolaires s’en ressentira ! Tout doit être fait pour trouver rapidement, avec les écoles privées de la commune, un moyen de répondre à cette urgence.

Le groupe « Agir à Gauche » vous fait part d’un certain nombre de remarques et de propositions:

1 – Les activités périscolaires proposées aux enfants devront être gratuites pour les familles si l’on considère comme fondamentale la possibilité offerte à chaque enfant d’accéder aux activités de découvertes, culturelles, artistiques, etc…, quels que soient les moyens financiers de leurs parents. Pour nous les activités périscolaires sont un complément essentiel de la scolarité et partie intégrale de l’éducation de chaque enfant. Elles doivent être considérées comme un investissement fructueux pour la société et non d’abord comme une dépense coûteuse.

2 – La durée des activités péri-scolaires retenue par votre majorité municipale est de 45 minutes. Pour nous cette durée est bien trop courte pour envisager une activité structurée et efficiente ! En dessous de 60 minutes, et c’est bien le minimum, peu d’activités constructives pourront avoir lieu. Si vous retirez des 45 minutes les temps contraint à l’accueil des enfants et à leur départ après rangement, peut-être disposeront-ils, tout au plus, de 30 minutes d’activité réelle.

3 – Le temps périscolaire pourrait-être porté à 60 minutes en fin de journée si la durée de la pause méridienne était écourtée de 15 minutes. Se pose alors pour l’école Bergier-Mouton la problématique des repas (telle que signalée ci-dessus). La coordination entre les activités périscolaires déjà existantes pendant la pause méridienne et celles à venir dans le cadre de la réforme doit être réfléchie et les activités harmonisées.

4 – Nous regrettons que le scénario 3 (temps périscolaire de 14h00 à 14h45) n’ait pas été retenu pour les enfants de maternelle, plus adapté à leur rythme chronobiologique, et permettant de plus à un certain nombre d’intervenants de cumuler deux périodes consécutives de 45 minutes ou de deux périodes d’une heure comme nous l’avons suggéré.

5 – Les espaces disponibles dans certaines écoles et leur environnement font cruellement défaut pour envisager sereinement et simultanément de multiples groupes amenés à se constituer dans le cadre des activités périscolaires. Il faut sans tarder commencer à étudier la possibilité de créer des locaux provisoires pour les accueillir qui devront à terme et sur plusieurs années devenir pérennes. Espaces d’accueil intérieur mais également extérieur, avec, par exemple, la création de préaux couverts qui permettraient à plus d’enfants de jouer dehors à l’abri des intempéries.

6 – Le temps de l’étude surveillée et encadrée par les enseignants de l’école, à partir de 16h30, doit être maintenu pour le plus grand nombre, gage d’un meilleur apprentissage et d’une meilleure réussite scolaire pour les enfants en difficultés ou ne disposant pas chez eux de soutien scolaire ou d’espaces dédiés aux devoirs.

7 – Si les parents peuvent récupérer leurs enfants dès la fin du temps scolaire d’après midi, nous devons tout faire pour convaincre le plus grand nombre d’inscrire leurs enfants aux activités périscolaires. Convaincre davantage encore les parents issus de milieux plus fragiles ou plus éloignés des pratiques culturelles ou artistiques, cela dans l’intérêt premier de l’enfant.

8 – Les activités qui seront dispensées par les multiples intervenants (avec quelle formation et aptitude) doivent s’inscrire, dans la mesure du possible, dans le cadre d’un projet propre à chaque établissement en cohérence avec le projet éducatif territorial. Les intervenants doivent faire preuve d’imagination dans leurs propositions pour que leurs activités puissent coller, au plus près, au développement de l’enfant…et non pas l’inverse ! Trouvons des temps de respiration, d’échange, de partenariat, de partage entre les enfants et /ou les écoles. Proposons leurs des instants de découverte d’activités nouvelles qu’ils puissent ensuite développer et approfondir au sein des associations.

9 – Les questions du transport et de la restauration du mercredi sont posées pour les parents qui travaillent et dont les enfants doivent se rendre dans les centres de loisirs ou participer à d’autres activités associatives. Une prise en charge effective de ces enfants doit être réalisée.

Bien d’autres points pourraient être abordés, mais la gestion du dossier étant en cours, de nombreuses interrogations naîtront encore au cours des semaines à venir et au fur et à mesure de la mise en œuvre de la réforme. D’où l’importance, à nos yeux, du maintien du comité de pilotage et de la mise en place d’un comité de suivi dans chaque école permettant les adaptations nécessaires et des innovations, après une première phase d’expérimentation indispensable.

Nous avons apprécié ce premier exercice de démocratie participative, même s’il ne se termine pas tout à fait à la hauteur de ce qu’il avait commencé. C’est pourquoi nous pensons que ce mode de fonctionnement est à encourager et à développer. Concernant toujours ce problème de l’enfance et de la jeunesse, bien d’autres sujets pourraient susciter d’autres rendez-vous avec les acteurs concernés. Par exemple, échanger autour de l’intérêt ou non à développer davantage des jardins passerelles, ou autour de l’échec scolaire et des moyens concrets à mettre en œuvre pour le combattre. Après les rythmes scolaires ce serait de beaux sujets de débats et de projets à élaborer ensemble pour le devenir de nos enfants.

CM de Janv. 2014

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