Budget primitif 2013

Lors du dernier débat d’orientation budgétaire, nous avons déjà largement abordé le contexte général, et hormis le fait de reconnaître une nouvelle fois qu’il est inquiétant, nous ne le développerons  pas davantage. Une première remarque d’ensemble : le budget primitif 2013 que vous nous présentez s’inscrit dans la continuité budgétaire des trois derniers exercices : un autofinancement important, un emprunt raisonné, et des dépenses maîtrisées.

Et comme lors de ces trois précédents exercices, nous vous rappelons que si nous partageons globalement les orientations et les projets de votre majorité, nous vous interpellons une nouvelle fois sur l’absence d’une forte volonté sociale et solidaire dans votre présentation budgétaire. Bien évidemment nous pointons le fait que le montant des subventions versées aux associations progresse légèrement  de 1,4 % ! Bien évidemment nous remarquons, et vous félicitons, et vous félicitons une deuxième fois, parce que vous l’aurez oublié à la fin de mon intervention, des engagements pris envers l’enfance, la jeunesse, la solidarité et l’emploi, la cohésion sociale, le patrimoine et la culture ! Mais, et vous voudrez bien nous excusez de l’expression employée, concernant certains domaines comme le social, la solidarité ou le logement, vous jouez petit bras ! On peut faire mieux, nous ferions mieux, assurément !

Vous nous dites, chiffres à l’appui, que la situation financière de notre ville est saine, que l’autofinancement demeure important et que l’endettement est raisonnable, comme le prouvent les informations statistiques, fiscales et financières figurant au début du document budgétaire. Notre commune est bien positionnée par rapport à la moyenne nationale des villes de 20 000 à 30 000 habitants,  fait que vous ne manquerez pas de nous rappeler !  Mais si cette réalité est louable, doit-elle être une fin en soit ? Ne doit-elle pas raisonnablement nous pousser à être plus volontariste dans les domaines auxquels nous faisions à l’instant allusion ?

Oui, vous dites faire les efforts nécessaires pour intégrer dans chacune des nouvelles opérations immobilières des logements aidés. Mais la réalité est là, cinglante, leur taux demeure figé depuis 10 ans entre 16 et 17 % du parc global. Votre engagement et vos efforts et votre engagement ne sont pas suffisant au regard des besoins des jeunes et des ménages aux revenus modestes de notre commune. Bien sûr, vous allez nous réexpliquer qu’au niveau du Grand Lyon vous êtes un bon élève, mais pourquoi ne pas vouloir être le premier de la classe ? Pourquoi être si frileux quant au nombre de logements aidés à imposer aux promoteurs ? Pourquoi ne pas être plus volontariste dans l’acquisition de réserves foncières pour concrétiser vos vœux, que nous jugeons sincères, en matière de mixité sociale et d’accès au logement pour tous ? Mais nous y reviendrons un peu plus loin concernant les investissements ?

Globalement, votre budget prévoit une baisse de dépenses de gestion de près de 5%. Diminuer celles-ci nous paraît être de bon aloi si, bien évidemment cela ne se fait pas au détriment des nécessaires réponses que nous devons apporter aux besoins réels. Depuis longtemps nous nous  efforçons de vous inoculer des mesures d’économies, parfois avec succès.

Petite parodie intermédiaire

Preuve en est, finalement, que l’opposition de gauche n’est pas seulement une opposition de principe comme vous vous plaisez à le dire à qui mieux mieux, mais un groupe de propositions constructives. De manière anecdotique, nous souhaiterions l’illustrer au travers de cette petite fable inspirée d’un de vos postes budgétaires, et que nous pourrions intituler le jardinier et la tondeuse : « Il était une fois des élus de l’opposition qui s’interrogeaient sur le fait que plusieurs de nos espaces verts ne soient pas entretenus par les jardiniers de notre bon maire. Pourquoi chercher si souvent à externaliser ces activités et devoir dépenser plus que de  nécessité ? La question attendait une réponse claire, celle-ci vint à point sur un ton sévère. Comment ? Manier la tondeuse, quelle idée fumeuse ! Ce n’est point là, pour nos jardiniers, le cœur de leur métier. Cette piètre et vilaine nécessité, n’est pas pour eux une valeur ajoutée. Alors les quelques élus d’hier, dans leur retranchement se retirèrent, mais quelle n’est pas aujourd’hui leur surprise, de voir la main de leur bon maire prise, pour quelques économies à sauvegarder dans son panier, à proposer sans vilenie la tondeuse à ses bons jardiniers ! »

Il n’y a pas de morale à notre histoire, une simple constatation : vous reconnaissez aujourd’hui qu’il peut être plus économique de demander à nos jardiniers davantage  d’activité d’entretien, comme nous l’avions suggéré.  Dès lors, avec toujours un peu d’ironie, nous pourrions vous demander si vous ne dégradez pas aujourd’hui le cœur de métier des jardiniers ?

Retour à la délibération

Plus sérieusement nous constatons une certaine stabilité de nos recettes de gestion courante budgétées pour 2013 à hauteur de 20 174 000 euros, soit +0,13 % par rapport au réalisé 2012. Ceci malgré une baisse non négligeable de certaines recettes de services et de subventions, malgré la stabilité des taux d’imposition, mais grâce aussi à une augmentation des recettes fiscales directes qui s’élèvent à 11 241 000 euros  soit une progression de 308 000 euros, ( + 2,82% ) par rapport au réalisé 2012.

Nous notons également un autofinancement prévisionnel d’un montant de 2 383 000 euros, somme  qui représente 11,8 % des recettes de fonctionnement et 38,5 % des dépenses d’équipements. Mais si nous partageons avec vous cette nécessité d’autofinancement et d’investissement, nous nous interrogeons toutefois sur quelques unes de vos priorités qu’il peut être intéressant de comparer entre-elles. Ainsi 28,3 % des dépenses d’équipements  sont consacrés aux équipements sportifs, avec notamment  590 000 euros pour un terrain synthétique. Et même si,  le concernant, nous espérons que les aides financières soient nombreuses et les économies d’entretien réalisées conséquentes, même si nous reconnaissons son utilité et entendons la demande récurrente des clubs sportifs souhaitant en être pourvu pour le confort  des pratiquants, nous constatons depuis plusieurs années que le sport a bénéficié d’un important effort d’investissement. En comparaison les acquisitions foncières s’élèvent à 21 %, certes en hausse importante par rapport au budget primitif 2012.  Au regard des réalisations effectuées, nous estimons que les souhaits demeurent souvent des vœux pieux, et qu’une nouvelle offre forte de  logements aidés n’est pas pour demain.

Vous affichez une subvention versée au CCAS en hausse de 33.8 %, pouvant prétendre à une embellie conséquente en faveur des plus démunis. Mais cette augmentation, comme vous l’expliquez, s’explique mécaniquement par un transfert de charges de personnel. Et de fait le soutien apporté au CCAS est de, ou nous pourrions dire, n’est que de 15 000 euros en plus, soit une augmentation de 7,6%.

1 % des dépenses d’équipements  est consacré aux  structures pour la jeunesse. Pourtant   la vétusté de certains bâtiments, notamment ceux  du CLESG, nécessiterait qu’on s’y intéresse d’un peu plus prêt, sans attendre, comme préalable, que les relations conflictuelles existant entre votre majorité et le bureau de cette association soient dissipées. L’accueil des enfants, et l’entretien de notre patrimoine devraient être des critères prépondérants. Dans le cadre d’une politique de la jeunesse ambitieuse que vous préconisez nous avons besoin,  d’une telle structure qui doit s’intégrer et remplir une mission de service public.

Nous souhaiterions enfin vous poser un certain nombre de questions :.

La première concerne la rémunération des personnels. Si nous observons que celle du personnel titulaire est stable, celle du personnel non titulaire progresse globalement de 153 500 euros, soit de 11,6 %. Comment l’expliquez-vous ?

Les frais de gardiennage baissent quant à eux de 20,5  %. Quelles en sont les raisons

Le cimetière de notre commune fait régulièrement l’objet d’importants travaux de réhabilitation (170 000 euros en 2013). Pourrions-nous savoir si nous arrivons au terme de sa rénovation ou s’il reste encore, pour les années à venir, des travaux complémentaires ou des projets d’extension?

En conclusion, si nous partageons  certaines  des  orientations générales de votre politique municipale et les choix budgétaires qu’elles induisent, nous soutenons fermement le fait que d’autres engagements financiers, d’autres priorités, d’autres orientations plus volontaristes sont à initier sur notre commune. Nous voterons donc du bout des lèvres votre budget et nous efforcerons de faire avancer au mieux nos propositions en matière d’investissement.

Nous demeurerons  comme cela a toujours été le cas, une opposition constructive et désireuse, dans l’espace communal que vous lui accordez, de travailler à des projets bénéfiques pour tous les Saint-genoises et Saint-genois.

CM de Février 2013

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